{"id":266,"date":"2014-09-11T16:13:50","date_gmt":"2014-09-11T15:13:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/?page_id=266"},"modified":"2017-02-15T17:08:59","modified_gmt":"2017-02-15T16:08:59","slug":"linda-fairstein-1947-mausolee","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/litterature\/linda-fairstein-1947-mausolee\/","title":{"rendered":"Linda Fairstein : (1947 -\u2026) : Mausol\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div style=\"width: 910px; border: 3px solid #BFF0C3; padding: 50px 25px 50px 25px;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Une enqu\u00eate aussi passionnante que macabre conduit Alexandra Cooper, adjointe au procureur de Manhattan en charge des crimes sexuels, dans les bas-fonds d&rsquo;un New York peu connu, sur les traces d&rsquo;un tueur qui, comme elle, semble fascin\u00e9 par la vie et l&rsquo;\u0153uvre de Poe.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026] Quittant le jardin botanique \u00e0 onze heures et demie, nous sommes partis vers l&rsquo;intersection du Grand Concourse et de Kingsbridge Road. Il ne restait plus rien des fermes du XVIIIe si\u00e8cle, ni des \u00e9l\u00e9gantes b\u00e2tisses qui les avaient remplac\u00e9es au d\u00e9but du XXe. Il n&rsquo;y avait plus \u00e0 pr\u00e9sent que des immeubles v\u00e9tustes, aux portes et aux fen\u00eatres couvertes de ces volets m\u00e9talliques, \u00e0 claire-voie, qui ornent tant de fa\u00e7ades du tiers-monde. \u00c0 mesure qu&rsquo;elles s&rsquo;\u00e9levaient dans la soci\u00e9t\u00e9, les vagues successives d&rsquo;immigrants qui avaient occup\u00e9 le quartier l&rsquo;avaient quitt\u00e9 pour des banlieues plus chic. Aujourd&rsquo;hui, les enseignes \u00e9taient r\u00e9dig\u00e9es en espagnol &#8211; PEPITO&rsquo;S PAYAYAS OU MIGUEL&rsquo;S FRITAS -, sous un panneau g\u00e9ant o\u00f9 Jennifer Lopez, avec un sourire radieux, faisait de la publicit\u00e9 pour une marque de jeans.<br \/>\nEn retrait du Concourse, une petite oasis &#8211; de la taille de deux p\u00e2t\u00e9s de maisons &#8211; \u00e9tait cern\u00e9e par une cl\u00f4ture m\u00e9tallique. Au bout de celle-ci se trouvait une rotonde et un joli kiosque \u00e0 musique, au toit de cuivre soutenu par huit colonnes hautes. Puis, \u00e0 proximit\u00e9, un terrain de jeux, avec toboggans et quelques structures pour grimpeurs en herbe, peints d&rsquo;un rouge vermillon qui ressortait vivement sur les b\u00e2timents gris derri\u00e8re.<br \/>\nNous avons laiss\u00e9 la voiture devant un parcm\u00e8tre, pr\u00e8s du portail. Reconnaissable \u00e0 la feuille d&rsquo;\u00e9rable qui lui sert de logo, une plaque de la Direction des parcs et jardins indiquait \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e : POE PARK, en grandes lettres, ainsi qu&rsquo;une reproduction de la signature de l&rsquo;auteur, agrandie plusieurs fois.[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026] La porte s&rsquo;est ouverte sur une jeune femme qui nous a fait signe.<br \/>\n&#8211; Bienvenue au cottage d&rsquo;Edgar Poe ! a-t-elle lanc\u00e9 sur le porche.<br \/>\nElle a descendu les quelques marches pour se pr\u00e9senter :<br \/>\n&#8211; Je m&rsquo;appelle Kathleen Bailey. Venez, suivez-moi.<br \/>\nOn entrait directement dans la cuisine, juste assez grande pour contenir un fourneau \u00e0 bois, un buffet une vieille horloge murale, des chaises et une table sur laquelle le couvert \u00e9tait mis &#8211; comme si, d&rsquo;une minute \u00e0 l&rsquo;autre, le po\u00e8te allait nous rejoindre pour d\u00e9jeuner.<br \/>\nJ&rsquo;ai d\u00e9roul\u00e9 la longue \u00e9charpe que j&rsquo;avais autour du cou, et j&rsquo;ai ouvert la fermeture \u00c9clair de mon anorak.<br \/>\n&#8211; Oui, mettez-vous \u00e0 l&rsquo;aise, nous a invit\u00e9s notre h\u00f4tesse, avant d&rsquo;entamer son r\u00e9cit. Ceci est la maison que Poe a lou\u00e9e en 1846, dans l&rsquo;espoir que l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 de son \u00e9pouse, Virginia, s&rsquo;y am\u00e9liore. Elle \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque situ\u00e9e \u00e0 la campagne, \u00e0 un peu plus de vingt kilom\u00e8tres de New York, dans le petit village de Fordham. Il n&rsquo;y avait autour d&rsquo;ici que des pommeraies.<br \/>\n&#8211; La maison \u00e9tait construite \u00e0 cet endroit m\u00eame? a demand\u00e9 Mike.<br \/>\n&gt;- Non, elle \u00e9tait de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;avenue, \u00e0 proximit\u00e9 du kiosque \u00e0 musique, lui a expliqu\u00e9 Kathleen Bailey. Teddy Roosevelt, qui a aussi \u00e9t\u00e9 pr\u00e9fet de New York, a pris en 1913 la d\u00e9cision de conserver cette maison et on l&rsquo;a install\u00e9e sur ce terrain. Poe y a v\u00e9cu trois ans, et il allait y retourner lorsqu&rsquo;il a trouv\u00e9 la mort \u00e0 Baltimore.[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026] J&rsquo;ai fait quelques pas le long du sentier, je me suis post\u00e9e au portail, d&rsquo;o\u00f9 je pouvais surveiller la maison, observer ce qui se passait et m\u00eame intervenir, si mes compagnons avaient besoin de moi.<br \/>\nMercer approchait du terrain de jeux quand j&rsquo;ai soudain aper\u00e7u le grand gamin qui quittait les balan\u00e7oires en courant, contournait le kiosque \u00e0 toute vitesse et traversait Kingsbridge Road malgr\u00e9 la circulation.<br \/>\n&#8211; Rattrapez-le ! criait la m\u00eame voix que tout l&rsquo;heure.<br \/>\nMe hissant sur la pointe des pieds, j&rsquo;ai essay\u00e9 de voir si Mike et Mercer avaient atteint la petite foule, tout au bout du parc. Je n&rsquo;ai pas eu le temps de me retourner quand j&rsquo;ai per\u00e7u un bruit derri\u00e8re moi. J&rsquo;ai senti un coup violent sur la nuque &#8211; et ensuite, le noir complet.[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026]- Il faut que je repose la question? Qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 ?<br \/>\nMike et Mercer se sont regard\u00e9s, puis Mercer a parl\u00e9 le premier.<br \/>\n&#8211; Les flics du Bronx pensent \u00e0 une plaisanterie stupide.<br \/>\n&#8211; Une plaisanterie stupide? Ils sont fous? \u00c9videmment, ils ne lisent pas Edgar Poe avant de se coucher.<br \/>\n&#8211; Laisse-moi aller jusqu&rsquo;au bout, m&rsquo;a dit Mercer avant de relever la barri\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 et de s&rsquo;asseoir sur le bord du lit. Il y a eu une agression \u00e0 l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9 du parc, dans le terrain de jeux, pr\u00e8s du kiosque \u00e0 musique. Une gamine de quinze ans surveillait son petit fr\u00e8re, quand elle s&rsquo;est fait tabasser par des gars du quartier. Ils l&rsquo;ont fichue par terre, lui ont piqu\u00e9 son portefeuille, en lui mettant les mains l\u00e0 o\u00f9 il ne fallait pas.<br \/>\n&#8211; J&rsquo;ai entendu des cris, je m&rsquo;en souviens.[\u2026]<\/p>\n<h4>FAIRSTEIN, Linda, <em>Mausol\u00e9e<\/em>, roman traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par Marie Dorlan, Pocket, 2009, 448 p. (ISBN : 978\u20132-266\u201318954\u20135)<\/h4>\n<h4>Titre original : <em>Entombed<\/em>, Scribner, New York, 2005, (ISBN \u201310 : 0743266811)<\/h4>\n<p>Note: Il y a bien un kiosque \u00e0 musique dans le Poe Park situ\u00e9 \u00e0 Grand Concourse &amp; East Kingsbridge Road dans le Bronx (New York).<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une enqu\u00eate aussi passionnante que macabre conduit Alexandra Cooper, adjointe au procureur de Manhattan en charge des crimes sexuels, dans les bas-fonds d&rsquo;un New York peu connu, sur les traces d&rsquo;un tueur qui, comme elle, semble fascin\u00e9 par la vie et l&rsquo;\u0153uvre de Poe. 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