{"id":286,"date":"2014-09-11T16:56:58","date_gmt":"2014-09-11T15:56:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/?page_id=286"},"modified":"2016-04-24T10:53:53","modified_gmt":"2016-04-24T09:53:53","slug":"xavier-hanotte-1960-maniere-noire","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/litterature\/xavier-hanotte-1960-maniere-noire\/","title":{"rendered":"Xavier Hanotte (1960-&#8230;) : Mani\u00e8re noire"},"content":{"rendered":"<div style=\"width: 910px; border: 3px solid #BFF0C3; padding: 50px 25px 50px 25px;\">\n<p><em>Mani\u00e8re noire tient \u00e0 la fois du suspense psychologique et du roman policier. Barth\u00e9l\u00e9my Dussert, inspecteur \u00e0 la PJ, est charg\u00e9 de rouvrir le dossier d&rsquo;un terroriste que l&rsquo;on croyait mort. La personnalit\u00e9 du tueur, Maghin, se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 travers l\u2019enqu\u00eate; c\u2019est un esth\u00e8te. De m\u00eame, Barth\u00e9lemy Dussert n&rsquo;est pas un inspecteur traditionnel; m\u00e9lancolique, il m\u00e9dite les vers d&rsquo;un po\u00e8te anglais mort en 1918. La traque le m\u00e8ne de Bruxelles \u00e0 Prague en passant par Charleroi. Ici, nous sommes \u00e0 Gosselies, dans la banlieue de Charleroi.<\/em><\/p>\n<p>(<em>Y a-t-il ou y a-t-il eu un kiosque \u00e0 musique \u00e0 Gosselies ?<\/em>)<\/p>\n<p>[&#8230;] \u00ab\u00a0J&rsquo;ai fait venir une ambulance tout de suite, poursuivit S\u00e9bastien. Depuis, j&rsquo;avoue que je n&rsquo;ai pris aucune nouvelle.\u00a0\u00bb<br \/>\nComment le lui reprocher ? Moi-m\u00eame, je savais d\u00e9j\u00e0 que je n&rsquo;en ferais rien.<br \/>\n\u00ab\u00a0De toute fa\u00e7on, il y a longtemps qu&rsquo;elle est morte, murmura-t-il. Et c&rsquo;est lui qui l&rsquo;a tu\u00e9e.\u00a0\u00bb<br \/>\nJe m&rsquo;abstins de tout commentaire.<br \/>\n\u00ab\u00a0Malgr\u00e9 tout, la descente a \u00e9t\u00e9 payante, fit-il. &#8211; Ah oui ?<br \/>\n&#8211; Outre qu&rsquo;on a enfin r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les papiers originaux, dans la chambre, la fouille du jardin nous a permis de mettre la main sur le gros lot. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9venu ton copain tch\u00e8que.<br \/>\n&#8211; Quelque chose d&rsquo;int\u00e9ressant ?<br \/>\n&#8211; Plut\u00f4t. Dans le jardin, tu as s\u00fbrement remarqu\u00e9 ce vieux kiosque \u00e0 musique.<br \/>\n&#8211; Rien vu de tel, dis-je. Je me souviens bien d&rsquo;une tonnelle, au bout d&rsquo;une all\u00e9e de cendr\u00e9e rouge. Mais en fait, je n&rsquo;ai jamais visit\u00e9 le jardin. Il faut dire qu&rsquo;il pleuvait.<br \/>\n&#8211; On ne le voit que si on se penche \u00e0 la fen\u00eatre du salon.<br \/>\n&#8211; Sans doute. Mais encore?<br \/>\n&#8211; Depuis le d\u00e9but du mois, il a beaucoup plu. Derri\u00e8re la maison, la pelouse ressemblait \u00e0 une v\u00e9ritable pataugeoire. En y baladant le rayon de sa torche, un inspecteur a d\u00e9couvert une sorte de piste boueuse entre le mur du fond et le kiosque en question. Par ce temps, l&rsquo;herbe ne tient pas bien, et \u00e7a lui a donn\u00e9 des id\u00e9es. Il lui a suffi d&rsquo;examiner la base du kiosque pour d\u00e9couvrir trois planches qui tenaient \u00e0 peine. Il les a fait sauter au pied-de-biche.<br \/>\n&#8211; Et?<br \/>\n&#8211; Voil\u00e0 ce qu&rsquo;il a trouv\u00e9!\u00a0\u00bb<br \/>\nIl attrapa son porte-documents qui tra\u00eenait sous la table et en sortit une grande photographie brillante. Sur un fond de planches cass\u00e9es, dans la lumi\u00e8re crue des flashes, on distinguait une vingtaine de paquets rectangulaires. [&#8230;]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[&#8230;] Dans ces papiers, aucun article de journal, aucun courrier r\u00e9cent ni, de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, le moindre souvenir personnel li\u00e9 aux derni\u00e8res ann\u00e9es qui venaient de s&rsquo;\u00e9couler. Preuve s&rsquo;il en fallait que dans cette maison l&rsquo;Histoire s&rsquo;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9e depuis longtemps. N&rsquo;y demeuraient plus que les d\u00e9risoires vestiges d&rsquo;une vie pass\u00e9e tout enti\u00e8re dans l&rsquo;attente, sans m\u00eame compter les jours.<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait fini, maintenant. Mme Maghin \u00e9tait morte \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital.<br \/>\nApr\u00e8s le premier choc, j&rsquo;avais fini par comprendre que c&rsquo;\u00e9tait cela, ce qu&rsquo;elle avait attendu depuis tant d&rsquo;ann\u00e9es. Elle n&rsquo;avait donc pu m&rsquo;en vouloir. Je n&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 que le messager.<br \/>\nJe gagnai le fond du salon. S\u00e9bastien avait raison. En se penchant \u00e0 la fen\u00eatre, on apercevait le kiosque \u00e0 musique au fond du jardin. Souvenir d&rsquo;un lointain \u00e2ge d&rsquo;or, il se situait maintenant \u00e0 cheval sur deux parcelles de terrain. Ce quartier de Gosselies r\u00eavait encore \u00e0 son pass\u00e9. A un si\u00e8cle de distance, j&rsquo;imaginais un orph\u00e9on jouant du Strauss pour les danseurs immacul\u00e9s, sem\u00e9s par couples sur les pelouses d&rsquo;un grand parc. A l&rsquo;\u00e9poque, cela avait d\u00fb jeter beaucoup de blancheur dans un pays noir, aux horizons h\u00e9riss\u00e9s de chemin\u00e9es et de terrils. Puis un jour, l&rsquo;orchestre avait remis\u00e9 ses violons. La richesse s&rsquo;\u00e9tait enfuie vers des cieux plus cl\u00e9ments, et les jardiniers avec elle. Les hautes herbes envahissaient les all\u00e9es. [&#8230;]<\/p>\n<h4>HANOTTE, Xavier, <em>Mani\u00e8re noire<\/em>, Paris, Editions Belfond, 1995, 377 p. (ISBN 2-7144-3289-1)<\/h4>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mani\u00e8re noire tient \u00e0 la fois du suspense psychologique et du roman policier. Barth\u00e9l\u00e9my Dussert, inspecteur \u00e0 la PJ, est charg\u00e9 de rouvrir le dossier d&rsquo;un terroriste que l&rsquo;on croyait mort. La personnalit\u00e9 du tueur, Maghin, se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 travers l\u2019enqu\u00eate; c\u2019est un esth\u00e8te. 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