{"id":448,"date":"2014-09-17T14:02:50","date_gmt":"2014-09-17T13:02:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/?page_id=448"},"modified":"2018-03-26T15:06:23","modified_gmt":"2018-03-26T14:06:23","slug":"patrick-virelles-1939-2010-peau-de-velin","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/litterature\/patrick-virelles-1939-2010-peau-de-velin\/","title":{"rendered":"Patrick Virelles (1939-2010) : Peau de V\u00e9lin"},"content":{"rendered":"<div style=\"width: 910px; border: 3px solid #BFF0C3; padding: 50px 25px 50px 25px;\">\n<p>Peau de V\u00e9lin<em> est l\u2019histoire d\u2019un bibliophile ronchon, Edmond Limbourg, qui collectionne les \u0153uvres les plus rares. Sa vie est rythm\u00e9e par les achats de livres pr\u00e9cieux. Cette existence studieuse, mais coinc\u00e9e, est un jour perturb\u00e9e par l&rsquo;apparition de M\u00e9lodie D\u00e9sesp\u00e9rance, Antillaise au grand c\u0153ur et ex-danseuse des Folies Berg\u00e8re. Son univers est \u00e9galement perturb\u00e9 avec l&rsquo;arriv\u00e9e de son tr\u00e9pidant neveu Alexandre, qui lui n\u2019a qu\u2019une passion : le jeu.<br \/>\nL&rsquo;extrait-ci dessous nous fait assister \u00e0 la rencontre de ses parents: L\u00e9opold Limbourg et Omphale dans la ville de Chimay.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/coppermine\/displayimage.php?album=22&amp;pos=54\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-486 size-full\" src=\"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Chimay-03-e1416155898192.jpg\" alt=\"Chimay 03\" width=\"625\" height=\"389\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/coppermine\/displayimage.php?album=22&amp;pos=72\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>l&rsquo;ancien kiosque de Chimay<\/em><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026] Profitant de ce que m\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se avait le nez moins pointilleux que sa m\u00e8re, Omphale, depuis son arriv\u00e9e en Belgique, s&rsquo;inondait de parfums. Ce jour-l\u00e0, elle \u00e9tait aur\u00e9ol\u00e9e de <em>Quelques fleurs de Houbigant<\/em>. La t\u00eate de L\u00e9opold lui en tourna.<br \/>\n&#8211; Vous \u00eates fran\u00e7aise, mademoiselle? Je ne me souviens pas vous avoir jamais crois\u00e9e dans Chimay.<br \/>\n&#8211; Je suis parisienne, monsieur. Je suis h\u00e9berg\u00e9e \u00e0 <em>Mis\u00e9ricorde<\/em> o\u00f9 une mienne tante dirige le pensionnat. Je ne suis effectivement ici que depuis peu.<br \/>\n&#8211; Vous ne connaissez d\u00e8s lors pas encore notre belle r\u00e9gion, ni Chimay, qui en est le fleuron. Si vous le vouliez&#8230;<br \/>\nAvec la brusque audace des timides, et sans mesurer son impertinence, L\u00e9opold invita Omphale \u00e0 d\u00e9couvrir le pays en sa compagnie.<br \/>\nOmphale s&rsquo;ennuyait un peu \u00e0 <em>Mis\u00e9ricorde<\/em>, sans nouvelles de Paris, au milieu des s\u0153urs de Sainte-Chr\u00e9tienne attach\u00e9es \u00e0 leur rosaire telles des ch\u00e8vres \u00e0 leur corde, dans ce pensionnat qui r\u00e9sonnait comme un caveau vide depuis que, avec l&rsquo;\u00e9t\u00e9, la plupart des \u00e9l\u00e8ves l&rsquo;avaient d\u00e9sert\u00e9. Et m\u00eame, pour parler comme son p\u00e8re, elle s&#8217;emb\u00eatait ferme. Aussi ne s&#8217;embarrassa-t-elle point de convenances et sauta tout de go sur cette occasion de rompre la monotonie de son exil.<br \/>\nD\u00e8s le lendemain, et tous les jours qui suivirent, ils se retrouv\u00e8rent au pied du kiosque aux entrelacs m\u00e9talliques qui dressait son chapeau chinois au centre de la grand-place.<br \/>\nProfesseur d&rsquo;histoire, L\u00e9opold connaissait sa ville sur le bout des si\u00e8cles. Il la raconta pierre par pierre, et il racontait bien. Omphale sut bient\u00f4t tout des figures c\u00e9l\u00e8bres qui avaient rehauss\u00e9 de leur prestige la petite cit\u00e9 : du chroniqueur Jehan Froissart qui, ayant re\u00e7u un canonicat, s&rsquo;y retira la cinquantaine venue et y poursuivit la r\u00e9daction de ses fameuses <em>Chroniques<\/em> jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, du po\u00e8te Alexandre Laisnez devenu l&rsquo;ami de La Fontaine et de Boileau, de madame Tallien, surnomm\u00e9e Notre-Dame de Thermidor aux heures rouges de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire, qui, ayant \u00e9pous\u00e9 en troisi\u00e8mes noces Fran\u00e7ois-Joseph-Philippe de Riquet, comte de Caraman, devint princesse de Chimay et adjoignit au ch\u00e2teau un petit th\u00e9\u00e2tre construit sur le mod\u00e8le de celui Trianon o\u00f9 Cherubini, F\u00e9tis, Auber, La Malibran et des com\u00e9diens en renom donn\u00e8rent la musique et la com\u00e9die. [\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Description d&rsquo;une vente de livres anciens&#8230;<br \/>\n[&#8230;] Cependant, le jugement quelque peu assoupi, monsieur Edmond p\u00e9n\u00e9tra \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Drouot ainsi qu&rsquo;en un jardin anglais, salua les uns, sourit aux autres, gagna la salle num\u00e9ro 10 d&rsquo;un pas de promeneur, demanda pardon \u00e0 droite, fit merci \u00e0 gauche, et, comme on se placerait au parterre d&rsquo;un kiosque \u00e0 musique, s&rsquo;installa beno\u00eetement sur une chaise \u00ab d&rsquo;amateur \u00bb, au deuxi\u00e8me rang et au bord de l&rsquo;all\u00e9e centrale, au vu et au su des uns et des autres qui, \u00e0 gauche et \u00e0 droite, \u00e9taient encoignard\u00e9s aux postes d&rsquo;aff\u00fbt.<br \/>\nDu jamais vu ! Et cette mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre d\u00e9sinvolte ? Monsieur Edmond, jambes crois\u00e9es ! \u00e9touffant de petits b\u00e2illements tout en s&rsquo;\u00e9ventant de son catalogue ? Du vraiment jamais vu ! [&#8230;]<\/p>\n<h4>VIRELLES, Patrick, <em>Peau de V\u00e9lin<\/em>, roman, Editions Belfond, Paris, 1993. (ISBN 2-7144-3031-7)<\/h4>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peau de V\u00e9lin est l\u2019histoire d\u2019un bibliophile ronchon, Edmond Limbourg, qui collectionne les \u0153uvres les plus rares. Sa vie est rythm\u00e9e par les achats de livres pr\u00e9cieux. Cette existence studieuse, mais coinc\u00e9e, est un jour perturb\u00e9e par l&rsquo;apparition de M\u00e9lodie D\u00e9sesp\u00e9rance, Antillaise au grand c\u0153ur et ex-danseuse des Folies Berg\u00e8re. Son univers est \u00e9galement perturb\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":70,"menu_order":35,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"page-templates\/full-width.php","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-448","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/448","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=448"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/448\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5552,"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/448\/revisions\/5552"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/70"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=448"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}