{"id":4508,"date":"2017-02-15T16:45:11","date_gmt":"2017-02-15T15:45:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/?page_id=4508"},"modified":"2017-02-18T17:02:47","modified_gmt":"2017-02-18T16:02:47","slug":"caroline-lamarche-1955-la-chienne-de-naha","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/litterature\/caroline-lamarche-1955-la-chienne-de-naha\/","title":{"rendered":"Caroline Lamarche (1955-&#8230;) : La Chienne de Naha"},"content":{"rendered":"<div style=\"width: 910px; border: 3px solid #BFF0C3; padding: 50px 25px 50px 25px;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La chienne de Naha<em> emprunte son titre \u00e0 un conte issu de la tradition orale de l&rsquo;ethnie des Triqui au Mexique. Prenant appui sur ce conte qui met en sc\u00e8ne le premier homme et la premi\u00e8re femme, la narratrice d\u00e9roule le r\u00e9cit d&rsquo;un voyage, d&rsquo;une qu\u00eate d&rsquo;elle-m\u00eame, depuis Mexico jusqu&rsquo;aux confins de l&rsquo;Etat d&rsquo;Oaxaca.<br \/>\nLa narratrice vient de rompre avec Gilles et, ind\u00e9cise, se rend pourtant au Mexique. Elle r\u00e9pond \u00e0 l\u2019appel de Maria, sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e adoptive, car c\u2019est bient\u00f4t l\u00e0-bas la F\u00eate des Morts. Une mani\u00e8re de se racheter peut-\u00eatre de ne s\u2019\u00eatre pas rendue cinq ans plus t\u00f4t \u00e0 l\u2019enterrement de Lucia, la bonne espagnole de la famille, m\u00e8re de Maria \u2013 et sa deuxi\u00e8me m\u00e8re \u00e0 elle. Elle s\u2019y rend munie d\u2019un enregistreur o\u00f9 capter les sons, les voix, les bruits de la vie de cette sorte de voyage de deuil, et munie de son cahier d\u2019\u00e9criture o\u00f9 doit s\u2019\u00e9baucher un livre sur la mort.<\/em><\/p>\n<p>[\u2026] Je descends n\u2019importe o\u00f9, je descends o\u00f9 quelque chose m\u2019appelle. Sur une place ombrag\u00e9e, autour d\u2019un kiosque, dansent des couples d\u2019\u00e2ge m\u00fbr sous la direction d\u2019un ma\u00eetre aux cheveux argent\u00e9s. La musique est romantique, le kiosque orn\u00e9 de fresques na\u00efves o\u00f9 des sir\u00e8nes \u00e0 la chevelure serpentine jouent de la trompette pour des hommes \u00e9l\u00e9gants en veston et chapeau. Plut\u00f4t que de prendre une photo, je mets en marche l\u2019enregistreur. Le ma\u00eetre de danse donne de la voix et les couples suivent \u00e0 pas \u00e9conomes et ardents. [\u2026]<\/p>\n<p>[\u2026] Cet exercice d\u2019ex\u00e9g\u00e8se compar\u00e9e m\u2019occupe tandis que Mar\u00eda me pr\u00e9c\u00e8de dans les rues d\u2019Oaxaca jusqu\u2019au Z\u00f3calo, ombrag\u00e9 de grands arbres, avec l\u2019\u00e9glise monumentale d\u2019un c\u00f4t\u00e9, un palais \u00e0 colonnade de l\u2019autre, quelques restaurants, le kiosque \u00e0 musique au centre, des bancs, des cireurs de chaussures, des fillettes indiennes vendant des animaux de bois sculpt\u00e9 aux terrasses, et des touristes am\u00e9ricains, la cam\u00e9ra d\u00e9gain\u00e9e, quand ils ne marchandent pas, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9, l\u2019article ravissant qui ne co\u00fbte presque rien. [\u2026]<\/p>\n<p>[\u2026] Le premier soir sans elle, je me dirige vers le Z\u00f3calo dans l\u2019espoir de la croiser. Le ciel est plus clair que les grands arbres, la fin du jour se signale par un obscurcissement de ce qui est proche, le lointain demeurant lumineux. Sur l\u2019\u00e9l\u00e9gant kiosque Belle \u00c9poque, un orchestre joue avec entrain et fausses notes. Je reconnais une valse de Strauss, le rythme \u00e0 trois temps, l\u2019\u00e9quilibre surgissant du d\u00e9s\u00e9quilibre, la reprise infinie du motif : l\u2019homme, la femme et la distance entre eux, un corps, un autre corps et leur r\u00eave. Des gens sont assis, comme moi, sur un des bancs de pierre. [\u2026]<\/p>\n<p>A Oaxaca, sur la Plaza de la Constituci\u00f3n (ou Z\u00f3calo), se trouve un kiosque octogonal construit en 1901.<\/p>\n<div id=\"attachment_4507\" style=\"width: 727px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/coppermine\/displayimage.php?album=200&amp;pos=1\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4507\" class=\"wp-image-4507 size-full\" src=\"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Oaxaca-02.jpg\" alt=\"Oaxaca kiosque 02\" width=\"717\" height=\"541\" srcset=\"https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Oaxaca-02.jpg 717w, https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Oaxaca-02-300x226.jpg 300w, https:\/\/www.kiosquesdumonde.net\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Oaxaca-02-624x471.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 717px) 100vw, 717px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4507\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Cliquer sur l&rsquo;image pour voir les d\u00e9tails<\/strong><\/p><\/div>\n<h4>LAMARCHE, Caroline, <em>La chienne de Naha<\/em>, \u00c9ditions Gallimard, Collection Blanche, Paris, 2012, 208 p. (ISBN <span class=\"st\">978-2070134823<\/span>)<\/h4>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La chienne de Naha emprunte son titre \u00e0 un conte issu de la tradition orale de l&rsquo;ethnie des Triqui au Mexique. Prenant appui sur ce conte qui met en sc\u00e8ne le premier homme et la premi\u00e8re femme, la narratrice d\u00e9roule le r\u00e9cit d&rsquo;un voyage, d&rsquo;une qu\u00eate d&rsquo;elle-m\u00eame, depuis Mexico jusqu&rsquo;aux confins de l&rsquo;Etat d&rsquo;Oaxaca. 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